Il existe 5 à 15% de dyslexiques dans la population ce qui correspond statistiquement à 1 à 3 élèves par classe de 20…

« L’absurdité de notre orthographe qui est, en réalité, une des fabrications les plus cocasses du monde, est bien connue.
Elle est un recueil impérieux ou impératif d’une quantité d’erreurs d’étymologie artificiellement fixées par des décisions inexplicables ».

Paul VALERY

Quelles conséquences pour les élèves ?

Les dyslexiques éprouvent des difficultés à automatiser les apprentissages. Ils mettent donc plus de temps que leurs camarades à travailler, comprendre et apprendre.

En outre, ils mettent plus de temps à comprendre les consignes, à écrire, à se relire et à se corriger. C’est pour pallier à ce handicap que des aménagements simples peuvent être faits.

Pendant les heures de cours

L’enseignant peut facilement :

  • Fournir des supports d’apprentissages écrits avec le caractère Comic sans MS, de taille 12 ou 14.
  • Simplifier les énoncés avec un vocabulaire simple.
  • Ecrire des phrases courtes.
  • Eviter le recopiage de document écrit au rétroprojecteur par exemple (on peut d’ailleurs s’interroger sur les habilités cognitives que l’on fait travailler chez les élèves avec de telles pratiques…).
  • Eviter la prise de note qui sera forcément lacunaire étant donné que l’élève doit à ce moment-là écouter, comprendre et écrire, ce qui est très difficile pour les élèves dyslexiques.
  • Offrir des listes complètes de vocabulaire dans les disciplines où l’orthographe de ces mots est importante. Si l’élève recopie, il augmente ses chances d’écrire quelque chose de faux et aura à le faire à la maison.
  • Varier les supports qui doivent être aérés, avec des interlignes larges, des notions clefs en gras et, bien sûr, des phrases courtes.
  • Vérifier que les consignes soient comprises par tous. Pour cela, il suffit de demander à un ou deux élèves de la reformuler.

Dans le cadre de l’évaluation :

L’enseignant peut facilement :

  • Accorder plus de temps à l’élève lors de son évaluation.
  • Lire les consignes avec la classe, les expliquer puis laisser du temps pour les questions.
  • Permettre un guide de relecture de l’évaluation à l’élève. En effet, l’élève pourra ainsi découper les tâches lors de sa relecture. Ex : 1ère lecture : mes phrases ont-elles un sens ?, 2ème lecture : l’orthographe est-elle juste ?
  • Ne pas tenir compte de l’orthographe ni de la syntaxe pour les autres disciplines que le français, ou signaler ses propres critères dès le début de l’évaluation.
  • Compléter l’évaluation écrite par une évaluation orale si cela est possible.
  • Prévoir une évaluation aérée selon les mêmes procédures que celles mises en place pour le cours.
  • Imaginer des interrogations orales pour les langues par exemple.

 Il s’agit d’un idéal et l’enseignement consiste à rendre les élèves autonomes, il faudrait donc faire le point de temps en temps puis penser à supprimer certaines « béquilles ».

Pour aller plus loin, je vous conseille l’ouvrage 100 idées pour venir en aide aux élèves dyslexiques de Gavin Reid et Shannon Green.

Et vous, qu’en pensez-vous? N’hésitez pas à écrire un commentaire sous cet article.