On a tous été stressé de rencontrer des parents d’élèves pour la première fois. Cependant, il n’y a pas lieu de ressentir une quelconque pression pour ce type d’activité. Je vais vous donner quelques astuces pour vous faciliter cet exercice indispensable de la vie de l’enseignant.

« Toutes les juives ne sont pas mère, mais toutes les mères sont juives »

Daniel Pennac

L’entretien avec un ou deux parents

Tout d’abord, je pense que les jeunes enseignants devraient être accompagnés d’un collègue en qui ils ont confiance et qui a de l’expérience dans ce type d’activité. J’entends par là quelqu’un capable d’écoute active avec du charisme… une sorte de mentor.

Pour mener l’entretien, il y a plusieurs astuces. Dans un premier temps, il faut poser un cadre comme dans  une pièce de théâtre classique. En effet, il s’agit de respecter l’unité de temps, de lieu et d’action.

Pour le lieu, je privilégie un endroit neutre et si l’entretien se passe en salle de classe, j’invite tout le monde à s’asseoir autour d’une table neutre et pas à mon bureau. En outre, je veille à ce que tout le monde ait une chaise semblable… c’est plus Feng shui paraît-il.

Pour le temps, je choisis volontairement de placer l’entretien entre midi et deux. Comme cela, je peux annoncer dès le départ que j’enseigne ou que mon collègue enseigne à 13h30 et que l’entretien durera x minutes. Il peut bien sûr y avoir le cas de parents avec qui on a besoin de parler plus longuement ou qui, pour des contraintes horaires, ont besoin de vous voir le soir après les cours, c’est possible bien sûr. Vous pouvez aussi rencontrer des parents pénibles et préférer leur proposer un entretien le matin avant les cours… Enfin, ma meilleure technique pour rester le maître du temps est de lâcher subtilement des phrases du type : « lors de ce premier tiers d’entretien, nous avons vu que… »

Enfin pour l’unité d’action, je reformule les objectifs de l’entretien au début et je tente de me placer en temps que modérateur dont l’anecdote ici est révélatrice :

« Une mère d’une élève souhaitait s’entretenir avec moi au sujet des souffrances de sa fille. Il s’agissait dans ce cas de souffrances dues à une maladie et donc de ses absences répétées. Puis le sujet s’est transformé, elle m’a alors parlé de problèmes avec les élèves de la classe puis avec la professeure de langue. Il fallait rectifier le tir car on s’éloignait de l’objectif initial et le temps courrait. Il m’a paru évidant que la mère souffrait de la situation de sa fille.  Elle avait besoin d’être écoutée, c’est une chose, mais j’avais besoin de recentrer la discussion sur l’objet de l’entretien. Après avoir noté ses dires, je lui proposé d’un autre entretien pour traiter des autres sujets abordés, elle n’en a pas voulu… »

Pour conclure, je dirais que mener un entretien veut dire aussi reformuler les dires de chacun pour éviter les malentendus, maîtriser l’unité de temps de lieu et d’action et noter ce qui doit être retenu.

La rencontre avec tous les parents d’une classe

Il s’agit d’un exercice périlleux pour lequel, il vaut mieux respecter certaines règles. J’avais moi-même demandé à mes parents comment ils avaient perçus les rencontres parents/élèves car comme vous allez pouvoir le lire, je ne suis pas issu d’une dynastie d’enseignants. J’ai, en effet, retenu deux choses très intéressantes. Ils trouvaient cela long et ennuyeux. En outre, ma mère a ajouté une anecdote qui l’avait passablement énervée. Au collège, des enseignants avaient dit que ma classe était pénible et agitée. Or selon elle, c’est aux enseignants de tenir la classe et ce n’était les parents qui allaient s’offusquer de sanctions justifiées à l’égard des élèves. Depuis, je garde à l’esprit ce témoignage quand la situation risque de déraper.

Il faut simplement penser que le but, pour les parents, de telle rencontre consiste essentiellement à pouvoir mettre une tête sur votre nom… Pour garder la face, on présente ce que l’on va faire et notre manière de faire. Il s’agit donc pour l’essentiel d’être présentable : les parents vous confient leurs enfants. Pour être présentable, il faut procéder à certaines vérifications simples comme la braguette fermée, la craie sur les habits enlevée, le rasage, des vêtements neutres, les épis dans les cheveux disparus, la chemise rentrée dans le pantalon devant et derrière, la ceinture passée dans toutes les boucles du pantalon, etc.… Pour le reste, il n’y a plus qu’à faire votre travail.

Pour aller plus loin, je vous conseille l’ouvrage Parents et enseignants, de l’affrontement à la coopération de Jean-Claude Richoz et Bernard André.

Et vous, comment vous organisez-vous? A quoi faîtes vous attention?